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mercredi 1 octobre, Jean-Christophe Bailly donnait au Cipm de la Vieille Charité une lecture de textes de Walter Benjamin et d'Anna Seghers : cette lecture rappelait que "c'est en allemand que furent écrites quelques unes des plus belles pages sur Marseille, au siècle dernier, à l'époque du pont transbordeur. Un allemand de voyageurs et d'exilés, une langue libre, une langue séduite et accélérée par les rues de la ville qui s'ouvrait sous leurs pas".  Ensuite, Jean-Christophe Bailly qui avait demandé que soit projetée une photographie de Berlin réalisée en 1928 par Mario von Bucovich, a lu un essai de définition de sa relation avec la culture allemande, et puis de larges extraits de Col treno, le premier livre qu'il ait publié chez Argol, avec des photographies de Bernard Plossu.

Jean-Christophe Bailly était convié à Marseille pour  quelques jours, dans le cadre d'une résidence imaginés par l'Assocation Alphabetville de Colette Tron. Ce vendredi 3 octobre, il nous a reçus dans la chambre d'un immeuble proche de la gare Saint-Charles et des allées Léon Gambetta. En compagnie de Marc Voiry, pour la Web-Radio Zibeline, j'ai pu réaliser un entretien de trente-quatre minutes qu'on écoute sur ce lien. Dans cet entretien, il est d'abord question du chapitre 33 de Le Dépaysement / Voyages en France, L'hypothèse du bariol où Marseille est évoquée. Après quoi, Jean-Christophe Bailly parle du décentrement des éditions d'André Dimanche avec qui il réalisera bientôt un nouvel ouvrage, à propos d'Alberto Giacometti. Ensuite il évoque une recherche effectuée par Joséphine Pinatel, une étudiante de l'Ecole du Paysage de Blois qui a travaillé autour de l'aérodrome de Marignane : parmi les désordres de la lagune de Blomon, on découvre un étrange chaos, des remblais, des cabanes de pêcheur, des réserves d'oiseaux et de poissons.

 

 

Jean-Christophe Bailly parle aussi des quatre infinitifs du titre de son dernier livre, Passer définir connecter infinir, ses entretiens avec Philippe Roux, parus chez Argol dans la collection de Catherine Flohic, Les Singuliers. A la fin de l'entretien de Radio-Zibeline, il évoque de nouveau ses promenades dans Marseille, et puis la question d'une utopie "en miettes".

Son  livre d'entretiens chez Argol amplifie les réflexions entamées dans Tuiles détachées (éd. du Mercure de France, 2004). Les textes qui accompagnent les échanges, choisis par Philippe Roux, incitent à de nombreuses relectures : par exemple, en page 58, figure l'extrait d'un texte autrefois dédié à Daniel Pommereule. J-C Bailly évoque le travail des couteliers-émouleurs de Thiers, en Auvergne, près de la Durolle. La carte postale qui suit précise le contexte de cet extrait : - à Thiers, les ouvriers des coutelleries qui trempent les lames

encore chaudes dans le lit du torrent

comme ils ne peuvent le faire que couchés sur le ventre

sur un lit de planches ajourées au-dessus de l'eau, ils dressent

des chiens à rester tout le temps couchés sur leurs reins

pour atténuer leur fatigue et leur éviter de terribles douleurs

coutellier

A propos du livre d'entretiens chez Argol, cf. sur ce lien, cette note de lecture parue chez Poezibao, vendredi 10 octobre.

Jean-Christophe Bailly a réalisé de nombreux entretiens sur France-Culture, principalement avec Alain Veinstein, dans l'émission Du jour au lendemain : par exemple, on peut l'écouter à propos de sa monographie Bernard Moninot, éditée chez André Dimanche. Sur le site de la Bnf, on trouve une conférence à propos de Georg Büchner. Au centre Georges Pompidou, sur cet autre lien, un exposé à propos de W. G. Sebald. Sur ce lien du  site du CIPM,  le chant 44 de Basse continue. Si  l'on se connecte avec ce lien de la revue Vacarme, plusieurs articles, un dialogue avec quelques-uns des rédacteurs de ce périodique , énoncent autrement les recherches de Jean-Christophe Bailly.

Le numéro 17 de la revue L’animal a consacré un Cahier à Jean-Christophe Bailly, sous la direction d’Emmanuel Laugier (textes de Jean Jourdheuil, Petr Kral, Yannick Mercoyrol, Jean-Luc Nancy, Federico Nicolao, Florian Rodari et Gilbert Vaudey). Dans le n° 7 d'Hippocampe/La Nuit, un autre dossier Jean-Christophe Bailly.


Alain Paire

 

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Berlin, 1928, photographie de Mario von Bucovich.

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