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Affiche des expositions de Bernard Lesaing

Une soixantaine de photographies, quatre lieux et quatre thématiques ne peuvent pas résumer les pratiques délibérément diversifiées conduites par Bernard Lesaing depuis plus de trois décennies. On ne retrouvera pas dans son "Parcours dans la ville d'Aix en Provence" des segments majeurs qui lui ont permis d'approfondir son style de vie, les rues de l'Irlande du Nord, la mémoire de Port-Saint-Louis du Rhône ou bien sa vision des apprentissages de la tauromachie.


Sur le Cours Sextius, la Mezzanine abrite des images des grues et des containers de la jetée, d'énormes ballots de marchandises et des silhouettes laminées par un siècle qui s'achève, les dockers et les immigrés du port de Marseille.


La Brasserie de la Mairie accueille en grands formats les contrastes de la sociabilité méditerranéenne, plusieurs saisons d'une exploration dans l'Ile d'Ischia.


L'Atelier de Cézanne restitue une approche accomplie voici vingt ans dans la demeure munichoise de Philip Arp : des chambres claires, l'entassement des valises d'un perpétuel voyageur, des objets familiers soudainement poignants, le silence qui recouvre partiellement l'appartement schubertien d'un metteur en scène de théâtre frappé par une longue maladie.


Rue du Puits Neuf , voici des embrasures de fenêtre, des franchissements de seuil, des connivences et des dissonances inattendues. Les commandes assignées au reporter-photographe n'empêchent pas les cheminements singuliers, la survenue de merveilles beaucoup plus fugitives : entre autres, une échappée belle à New York, l'improbable poster de Platini placardé parmi la poussière d'une oasis ou bien l'atelier du peintre Sama quand il habitait Chateau Noir.


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Isola d’Ischia, 1991


Trois images de Bernard Lesaing me retiennent particulièrement. D'abord le sourire et l'évitement d'une jeune femme, un instant de séduction, les éclairages et les syncopes d'une musique de boîte de nuit. Une seconde séquence accompagne une pause parmi les marges d'un théâtre de Munich. Comédiens ou bien spectateurs, des personnes s'attardent dans la rue une fois la pièce jouée, boivent un verre avant de se séparer. On distingue le profil d'un porteur de galurin de cinéma américain, on appréhende une ouverture de porche, des arrière-plans et des paliers pour ces lumières et ces présences qui vont basculer dans la nuit. Parmi ces ombres brièvement réunies, on imagine une complicité, l'inconscient collectif d'une époque. Un instant rassemblées, ces personnes vont se disperser. Cette circonstance ne se reproduira plus, une inexplicable percussion s'amorce, le mariage du noir et du blanc soude furtivement les morts et les vivants.


Soiree Marseille Bernard Lesaing
Le sourire et l'évitement d'une jeune femme
Munich Theatre B. Lesaing
Les marges d'un théâtre
Nice Opera B. Lesaing
Depuis l'Opéra de Nice

La troisième photographie, c'est l'affiche de cette exposition, une image prise depuis l'Opéra de Nice, l'ouverture d'une fenêtre qui dessine des palmiers, la plage et les étagements des chambres d'hôtel, l'ultime courbe de la Promenade des Anglais. Elégance et mystère, la clarté d'une journée capte les volutes et les découpes matissiennes d'un balcon en fer forgé. Dans cette enclave, les diagonales, les ombres chinoises et les protections s'entrecroisent, le désordre provisoire de grands rouleaux de tissu coexiste avec l'ironie d'un masque de carnaval, Bernard Lesaing compose des regards et des surprises qu'Apollinaire et Chirico auraient affectionnés.


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"Ischia / Hommes en terrasse"


Lit
Italie, 1980


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"Port de Marseille"



fl.gifVoir la Biographie de Bernard Lesaing
fl.gifPlan d'accés de la galerie Alain Paire

Diaporama du vernissage de l'exposition le 17 janvier 2008

     

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