Joë Bousquet Dans la chambre de Joë Bousquet, février 1946, photographie de Loleh Bellon

Max Ernst (1896-1976) et Joë Bousquet (1897-1950) se rencontrèrent et se lièrent d'amitié pendant la fin des années vingt du siècle dernier. Isolé dans sa province, Joë Bousquet avait très fortement éprouvé la grande secousse du surréalisme. Il lisait passionnément Eluard et Breton. Aperçues en revues, les premières reproductions des toiles d'Yves Tanguy et de Max Ernst l'avaient immédiatement requis. Russe et impétueuse, une jeune femme qui se prénommait Gala fut leur première médiatrice. Elle n'était pas encore la compagne de Dali. Gala avait très jeune épousé Eluard, ce couple avait une enfant qui s'appelait Cécile depuis 1918. Par la suite, "Tourbillons de la vie", Jules et Jim avant la lettre, pendant quelques saisons, Max Ernst fut l'amant de Gala et le très proche ami de Paul qui le considérait comme un frère. Sur la toile du Rendez-vous des amis peinte en 1992 par Max Ernst, Gala est la seule femme qui soit présente ; le n° 16 est inscrit en bas de sa silhouette.

Venus de Marseille, Gala et Eluard rencontrèrent pendant l'été 1928 Joë Bousquet à Carcassonne, en compagnie d'André Gaillard (1) qui était à cette époque, aux côtés de Jean Ballard, l'animateur des Cahiers du Sud. Ils s'écrivirent des lettres chaleureuses et confiantes, un recueil publié par Lucien Scheler en témoigne. Lisant les publications de l'avant-garde parisienne, découvrant les livraisons des revues, Bousquet avait immédiatement admis que son aîné Eluard pouvait devenir le plus grand poète de son siècle. Cette conviction ne cessa pas de l'habiter ; l'estime qu'il pouvait nourrir vis-à-vis d'André Breton n'avait pas autant de ferveur et d'importance. Enfermé dans sa chambre de la rue de Verdun depuis la fin de la première guerre mondiale, le grand blessé Joë Bousquet provoquait sur les hommes et les femmes qui venaient le visiter des inquiétudes et des espérances qui n'avaient pas de rapport avec une quelconque compassion : le rencontrant, André Gide lui avait dit "vous, je ne vous plains pas". Sa présence déclenchait souvent une profonde amitié ou bien une invincible fascination. Ce personnage à la fois mystique et réfléchi, cet esprit de grand humour et de très fine acuité bouleversait les personnes qui désiraient devenir son interlocuteur. Dans son entourage immédiat, il y avait d'autres jeunes gens, les philosophes Claude Estève et Ferdinand Alquié ainsi que René Nelli, fils d'un collectionneur épris d'archéologie et d'art primitif. Très vite, des achats de peintures s'effectuèrent entre Carcassonne et Paris, des tableaux de Tanguy et d'Ernst furent négociés. En ce temps-là, les artistes proches du mouvement surréaliste n'avaient presque pas d'acheteurs : ils étaient heureux de pouvoir ressentir qu'un écrivain issu d'une lointaine province puisse s'éprendre de leurs travaux. Dans une lettre à Gala datée du 11 avril 1929 (éd. Gallimard, 1984) Eluard raconte qu'il est allé voir Ernst dans son atelier de Meudon : "je lui ai acheté pour Bousquet un très beau tableau (2.000 fr)". Chez ces jeunes gens qui préconisaient "l'amour admirable contre la vie sordide", la solidarité était active, il n'était pas vraiment question d'argent. Dans une lettre de 1930, Max Ernst qui ne tutoie pas encore son ami, écrit à Bousquet : "Comme vous n'avez pas eu l'occasion de rendre visite à Loplop à Paris, Loplop ira vous rejoindre à Carcassonne"... "j'ai lieu de croire qu'il vivra en bonne intelligence" ... "je pense qu'il trouvera de la place chez vous : il a, cadre compris, environ 1 m 25 sur 1 m 20 ou un peu plus. Quant au prix que vous demandez à voix basse, il n'y a pas de quoi consulter "la cote". Si 4.000 frs vous semblent trop forts pour votre bourse, envoyez-moi moins, ce sera tout comme". Dans un courrier adressé à Maurice Nadeau (13 juillet 1945) Joë Bousquet se souvenait avec une immense reconnaissance de ces temps merveilleusement héroïques : "Les peintres m'ont comblé. Quand j'étais aussi pauvre qu'eux ils ont fait de ma chambre une demeure enchantée". La Chambre de Joë Bousquet / Enquête et écrits sur une collection, un ouvrage de 200 pages composé en 2005 par Pierre Cabanne, Yolande Lamarain et André Dimanche en témoigne : les photographies en noir et blanc de Loleh Bellon, des tentatives d'inventaire, un récit de Louis Pons, le souvenir fragile d'une brève exposition de 1947 à Toulouse ainsi qu'une salle du musée de Carcassonne des années cinquante laissent imaginer à quoi pouvait ressembler la chambre infiniment mystérieuse de Bousquet. Depuis qu'il organise rue de Verdun des visites, des colloques et des expositions, le Centre Joë Bousquet et son temps de René Piniès laisse entrevoir l'espace où ce convalescent jamais tout à fait immobile recevait ses amis. Derrière les tentures, près des tapisseries, des livres et des menus objets, la fenêtre n'est pas tout à fait close, une veilleuse diffuse sa lumière. On aperçoit la couverture et les draps d'un grand lit et puis sur les murs, quelques auréoles, les ultimes traces et intersignes des nombreux tableaux qui s'entassaient, se chevauchaient et se répondaient. Pendant l'entre-deux guerres et la seconde guerre mondiale, le domicile de Joë Bousquet fut un incomparable creuset, un prodigieux foyer de ressourcement et de résistance. Cet espace fut fréquenté par André Gide et Paul Valéry ainsi que par toute l'équipe des Cahiers du Sud. Aragon, Benda, Cassou, Eluard, Michaux, Paulhan, Ponge, Gaston Gallimard et Simone Weil conversèrent dans cette chambre. Magritte, Scutenaire et Ubac s'y rendirent en juin 1940, Hans Bellmer y fit plus tard la rencontre de Nora Mitrani. Lorsque je parcours l'abécédaire composé par Laurence Bertrand Dorléac et Jacqueline Munck, à l'intérieur du catalogue de l'exposition L'Art en guerre 1938-1947 (éd. du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, automne-hiver 2012) un unique regret me vient. Jusqu'à présent on évoque le plus souvent le gisant de Carcassonne en tant qu'écrivain, on ne souligne jamais assez ses qualités de regardeur et de critique d'art ; j'aurais aimé que puissent figurer dans cet abécédaire la collection ainsi que le récit de la trajectoire de Joë Bousquet pendant les jours sombres de l'Occupation.

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Joë Bousquet, lors de l'enregistrement d'une émission de radio.

Au coeur de cette cité qu'il pouvait trouver "morte", en dépit des souffrances d'une terrible blessure, la passion pour la peinture et la poésie, d'indéfectibles amitiés et puis quelques Passantes bleues et blondes, Poisson d'or, Marthe, Abeille d'hiver, ou bien Iris, exaltaient son courage et son amour de la vie. On estime à 150 le nombre de toiles et de dessins successivement accrochés dans ce que Pierre Guerre appelait "une sorte de grande cabine boisée de sous-marin" : entre autres, des moyens et des petits formats d'Arp, Bellmer, Brauner, Chagall, Dali, Derain, Dubuffet, Fautrier, Kandinsky, Klee, Lhote, Magritte, Malkine, Masson, Michaux, Miro et Picabia. Quelques-uns de ces tableaux furent échangés ou revendus, par exemple des toiles de Kisling et de Marcoussis (cf. lettre à Jean Ballard). Dans cet environnement en continuelle mutation, la place d'honneur fut toujours réservée au peintre que Joë Bousquet  préférait entre tous : il possédait vingt-huit toiles, collages et dessins de Max Ernst, des pièces dont il ne voulut jamais se séparer et qui ne cessèrent pas d'hanter son existence (rue de Verdun, on trouvait également 12 pièces de Tanguy ainsi qu'une dizaine de Fautrier).

27 mai 1918, la blessure de Vailly.

Dans une autre vie (éd. Rougerie, 1970) Bousquet résume les premières circonstances de leurs rencontres : "Un jour j'ai été profondément troublé par un poème d'Eluard, j'ai senti que cela tuait tout ce que l'on avait jusque-là appelé poésie. J'ai écrit à Eluard. Bientôt j'ai vu en reproduction les premiers Max Ernst. A peine le peintre sut-il dans quelle situation je me trouvais, il m'envoya une toile splendide, une forêt merveilleuse entourée d'un cadre qu'il avait étoffé avec deux bandes de liège vierge. Saisi d'une émotion inconnue à la vue de cette peinture, j'arrachai à pleines mains les mancohons de liège, me blessai aux très larges clous qui les fixaient à la baguette ; et demeurai haletant devant cette image enfin nue comme un miroir sans fond où la matière - millions d'oiseaux d'air dans une fibre ligneuse se renouvelait comme une cascade"... "Chaque fois que la durée de ma survie m'a paru intolérable, j'ai aussitôt pardonné à mon infortune, rien qu'à lever les yeux sur les tableaux dont mon ami m'avait entouré, avec lesquels il m'a élevé, préservé". Max Ernst et Joë Bousquet avaient compris quelques saisons après leurs premières conversations que la marque du destin, une bien troublante coïncidence, avait pour partie scellé leur amitié : le 27 mai 1918 à Vailly, lorsque la mitraille perfora son épaule et ses poumons, le lieutenant Joë Bousquet se trouvait à quelques kilomètres, à portée de canon du champ de tir d'un adversaire allemand qui se trouvait être l'artilleur Max Ernst. Ce dernier était moins patriote et moins fougueux que son grand ami de Carcassonne, les blessures qu'il écopa ne pouvaient pas un instant être comparées au long martyre de Bousquet. Dans son autobiographie - Ecritures, éd. Gallimard, 1970, collection Le Point du Jour de René Bertelé - Max Ernst décrit la guerre comme une "grande saloperie"... "Que peut-il contre la vie militaire - sa stupidité, sa laideur, sa cruauté ? Hurler, jurer, vomir de rage ne servent à rien". Ce n'étaient pas la terreur et les souffrances d'un fait de guerre, ce furent principalement leurs tempéraments et leur flagrante complicité qui forgèrent leur amitié et leur admiration mutuelle. Toujours dans cet extrait de Dans une autre vie, Bousquet expliquait que ce qui leur importait avant tout, c'étaient "les chemins d'un art majeur qui n'a pas de patrie, qui s'oppose aux patries" : "nous nous sentions si liés que la coïncidence restituée nous surprit à peine". Ces personnages ne se comportaient pas comme des surréalistes de stricte obédience : leur amitié envers Eluard était indéfectible, les Manifestes et les mots d'ordre d'André Breton n'étaient pas leur priorité. Joë Bousquet était foncièrement languedocien, l'engagement politique de Max Ernst était souvent la marque ironique d'une profonde élégance et d'un grand détachement vis-à-vis des incohérences de la société européenne. Des fragments de correspondance, principalement les lettres échangées avec Jean Ballard, le directeur des Cahiers du Sud, attestent de la régularité des passages de Max Ernst à Carcassonne. Dans ces courriers envoyés à Marseille, il n'est jamais assez souvent question de peinture : Ballard n'est pas fortement mobilisé par l'art de son époque. Nous manque cruellement (pour combien d'années ?) un grand recueil de lettres, la publication d'une indispensable correspondance, celle qu'entretenaient Jean Paulhan et Joë Bousquet. Tous deux échangeaient souvent à propos de la peinture, le directeur de la Nrf fut pour la chambre de Carcassonne un grand pourvoyeur en oeuvres d'art. Bousquet ne pouvait jamais se déplacer, les choses et les êtres ne venaient pas souvent directement vers lui, sa liberté de regard était fatalement restreinte. Il éprouvait une grande confiance envers ses amis ; il était heureux des choix qu'opérèrent pour lui Eluard et Paulhan. Dans une lettre adressée aux Etats-Unis à Max Ernst le 30 août 1947 (page 183 de la Correspondance de Bousquet, éd. Gallimard 1969) Joë Bousquet se souvenait d'un échange qu'il avait effectué avec l'auteur des Fleurs de Tarbes"Il y a quelques années, je lui ai donné un Paul Klee, très beau, pour avoir, à la place, un tableau de toi ; les deux colombes blanc-bleu sur lesquelles j'avais écrit un passage d'un poème". Romantisme allemand et Camp des Milles. Une chronologie qu'il faudrait pouvoir améliorer et que l'on peut établir à partir des courriers des Cahiers du Sud indique plusieurs séjours de Max Ernst à Carcassonne. Un premier passage se situe en 1929. Souvent contraint aux "petits boulots" le peintre se rend à Cadaqués, il participe au tournage de L'Age d'or de Luis Bunuel. Dans une note du neuvième cahier de sa revue Chantiers, (page 458, éd. Jean-Michel Place, 1987) Bousquet ne manque pas de préciser qu'Ernst est un "grand peintre, le peintre préféré du groupe Chantiers et notre ami". Une lettre à Ballard, datée du 13 novembre 1936, mentionne que Max Ernst vient de passer "huit jours" à Carcassonne. Le peintre et le poète ont longuement discuté. Ils ont relu et corrigé ensemble les épreuves d'un texte que Bousquet publie à propos d'Ernst, pour les Cahiers d'art de Christian Zervos. Pendant l'année suivante, toujours pendant le mois de novembre, une nouvelle rencontre survient. Joë Bousquet vient de lire le grand livre d'Albert Béguin édité par José Corti, L'Ame romantique et le rêve. Un échange de lettres avec Béguin s'effectue ; ils en discutent ensemble, Bousquet écrit à Ballard que "Max Ernst a lu aussi cet ouvrage et m'a dit que c'était énorme".

Arbres Max Ernst 
"Arbres solitaires et arbres conjugaux", toile de Max Ernst ayant appartenu à Joë Bousquet.
 
Dans des circonstances particulièrement difficiles, l'amitié de Joe Bousquet fut providentielle. A deux reprises, Max Ernst fut interné et puis libéré du camp des Milles, en décembre 1939 et puis ensuite en mai 1940. Leonora Carrington avait quitté la maison de Saint-Martin d'Ardèche, l'unique pied à terre de Max Ernst qui n'avait presque plus de ressources pour poursuivre son travail. En échange de tableaux qui lui parvenaient quelquefois dans des caisses en bois, Joë Bousquet lui envoyait de l'argent pour survivre. Adressée à Carcassonne le 24 décembre 1940 - quelques jours avant le départ pour Marseille où Max Ernst rejoindra la Villa Air Bel de Varian Fry et André Breton - une lettre évoque ces échanges qui confirment une immense amitié : "Tu as raison, Joë. Il vaut mieux ne pas rouler ce tableau, je ne vais pas te priver de la surprise de le voir sortir de sa caisse. Car je pense (je voudrais au moins) qu'il te surprenne un peu et que tu le trouveras au moins l'égal du tableau vert dont tu me parles souvent. Un seul inconvénient si je demande au seul menuisier du village de me construire cette caisse, il le fera très bien, mais il y mettra quelques mois pour la terminer. Je vais donc essayer de le faire moi-même. Pour un autre tableau, il a le même problème avec le châssis qui n'est pas au format désiré, ce qui repose la question du menuisier. Je suis accablé par la puissance du souvenir. Il y a un an que j'arrivais ici li-bé-ré. Je travaille toujours, mais au ralenti. Je t'écrirai encore, Joë, quand je serai en meilleur état. A bientôt, très affectueusement. Max".
 

Après quoi, Max Ernst partit s'exiler aux Etats-Unis. Plusieurs courriers parvinrent jusqu'à New York et puis ensuite dans le désert de l'Arizona où vivaient Dorothea Tanning et son époux. Une réponde du peintre depuis Sedona figure dans Vie et oeuvre de Max Ernst, l'ouvrage de Werner Spies. Le 12 juillet 1945, Joë Bousquet redit à Max Ernst l'immense confiance qu'il voue à son travail : "j'ai respiré dans ton oeuvre, parce que je l'ai toujours trouvée entre le désespoir et moi, parce que tu es, vraiment de toute éternité, celui qui allait passer sur la route où l'on ramassait mon corps". Le 6 septembre 1949, Max Ernst écrit un mot bref à Joë Bousquet, il vient d'arriver en France : "Mon cher Joë, nous voilà de retour à Paris. Le voyage fut long, long, long, çà n'a pas pris longtemps par contre de me "réhabituer". Je suis chez moi. Je  redeviens moi". Joë Bousquet quittera le monde des vivants  le 28 septembre 1950, son enterrement s'effectuera à Villalier, quelques jours plus tard. Auparavant les deux amis se revirent, Max Ernst et Dorothea Tanning repassèrent une ultime fois par Carcassonne.

Lee Miller
Birthday, Max Ernst et Dorothea Tanning (photographie de Lee Miller, 1946).
Dernier courrier

L'un des derniers textes critiques de Bousquet concerne l'exposition de Max Ernst qui fut programmée en janvier 1950 par la galerie René Drouin. La dernière lettre de Joë Bousquet est datée du 10 mars 1949. Elle résume cette relation pour ainsi dire fraternelle entre un peintre et un écrivain. Joë Bouquet exprime un voeu infiniment émouvant qui semble terriblement loin de pouvoir être exaucé, le souhait que le souvenir de Max Ernst ne puisse pas être détaché de son nom. "Ici, un déchirement, je viens de l'écrire à Dorothy, ma mère est morte ... Elle ne séparait pas ta pensée et ton souvenir de l'affection qu'elle avait pour moi. D'abord, parce qu'elle aimait ton oeuvre, en sentait l'enchantement ; mais aussi parce qu'elle avait senti le vertige des années misérables et savait tout ce qu'elle devait à notre amitié et à tes conseils qui ont été des ordres pour moi...

Comme je vais travailler en t'attendant. Sur toi, sur ton oeuvre dont tu sens bien toute la force, mais dont tu ne mesures pas assez orgueilleusement la portée unique. Ton oeuvre contient une promesse plus grande que la vie. Elle m'a porté d'un bord à l'autre du désespoir. Et je n'ai jamais connu de joie plus entière que de voir ma lettre en préface d'On eye's level. Parce que mon nom était déja joint au tien, et surtout parce que tu avais si généreusement, si affectueusement, disposé de moi. Je travaille depuis longtemps à me rendre entièrement digne de cet avenir qui rapprochera nos noms : (je voudrais que l'on ne puisse parler de l'un de nous sans penser à l'autre) ...  Je t'embrasse. Ton frère, Joë".
Alain Paire
 
(1) Le bref extrait d'un récit de Georgette Camille qui évoque André Gaillard et la période surréaliste des Cahiers du Sud m'a toujours fasciné. En page 59 du numéro double 374-375 du cinquantenaire des Cahiers, Georgette Camille pour laquelle Clara Mure Petitjean prépare actuellement la publication de sa correspondance et de ses écrits, raconte un épisode survenu pendant l'été de 1927, dans la proximité du Prado et de la Place Castellane : "Tout de suite, André Gaillard nous emmena dîner dans le modeste logement d'une vielle femme aveugle de la rue Saint Sébastien qui tenait pension pour les jeunes écrivains de passage à Marseille. Autour de la table, je vis Max Ernst qui venait d'épouser Marie-Berthe Aurenche, et Henry Michaux avec son visage de jeune moine. Ce qui allait être mon destin pendant les douze années à venir se décida ce jour-là". Une année auparavant, conformément au désir d'André Gaillard, Paul Eluard avait publié aux éditions des Cahiers du Sud, Les dessous de la vie ou la pyramide humaine, un frontispice de Max Ernst figurait l'apparition conjointe de Paul et de Gala.

Du 23 septembre  au 15 décembre 2013, dans le cadre d'une co-production de Marseille-Provence 2013 et du Site-Mémorial du camp des Milles, une exposition dont le commissariat est assuré par Juliette Laffon regoupait Bellmer, Ernst, Springer et Wols au camp des Milles.

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