dessin d'Edmond Quiche
Encre et crayon sur fond de lithographie d'Edmond Quinche, exposition "Surgis de l'ombre", choix de Florian Rodari.

Edmond Quinche est né à Zurich en 1942. Etudiant à l'Ecole des Beaux-Arts de Lausanne, il suit l'enseignement de Jacques Berger et d'Albert Yersin. Dés 1962, il s'intéresse à la lithographie. En 1968, il contribue à la création et au développement de l'Atelier de taille-douce et de lithographie de Saint-Prex où il imprime des planches de peintres et amis comme Albert Chavaz, Albert Flocon, Jean Lecoultre et Pierre Tal-Coat. En 1972, il reçoit la bourse Alice Bailly et en 1986, le prix Pierre Monay à Morges. Edmond Quinche figure parmi les artistes choisis par Florian Rodari pour l'exposition "Surgis de l'ombre" qui se tiendra à la galerie du 21 mai au 29 juin.

/>
Edmond Quinche

Sans titre, dessin sur fond de gravure rehaussée, Edmond Quinche (Photo Alberto Ricci, Paris).

Un peintre est cet homme sensible qui a décidé de se doter d’une habileté de main qui sache répondre – à tout moment et au plus près – aux sollicitations de son œil. Tout spectacle en principe le retient : aucune limite n’est fixée à sa curiosité qu’il laissera courir d’une chose à l’autre, noble ou basse, vivante ou morte, pittoresque ou non. Sa rétine reçoit tout, engrange tout. En revanche, sa main, elle, ne peut tout restituer : ce serait trop simple. Aussi grandes puissent être sa mobilité, son obéissance, elle ne travaille pas à la vitesse de la lumière. D’innombrables résistances l’entravent, et pas seulement matérielles. Entre le monde perçu et le support où se dessine l’image s’interpose un homme aux émotions variables, aux faiblesses probables, un homme façonné par son temps, voué à des convictions, lié par des questions de styles et de culture. Bref, un regard. Qui précisément garde, répercute, filtre, infléchit le trajet qui va de la chose à l’image ; et retarde, aussi – étant donné cette rétention provisoire du visible dans la chambre de l’esprit où s’opère une fermentation profitable aussi bien au modèle qu’à sa représentation.

Tout le temps de ce séjour au cours duquel les données brutes du réel se transmuent en une production articulée, l’artiste plasticien, dispose d’un certain nombre de matériaux concrets, d’instruments et de gestes identifiables avec lesquels il doit se colleter. S’ils sont des moyens indispensables, ils freinent dans le même temps la vitesse, obstruent ou modifient le trajet de l’œil, autant d’ailleurs par leurs qualités que par leurs défauts. C’est uniquement dans l’exercice de son métier, dans la répétition de tentatives harassantes, que le peintre parviendra à s’en affranchir, à en vaincre les multiples embarras. Néanmoins, sous cet aspect, il a sur le poète – usant de mots, objets d’abstraction en proie à d’incessantes et vertigineuses disparitions –, ou sur le musicien agençant ses notes immatérielles, insituées, le net avantage d’œuvrer avec du solide.

Florian Rodari,
extrait d'Edmond Quinche. Au seuil du visible, éditions La Dogana, Genève 2000.

Estampes, dessins et photographies, exposition Surgis de l'ombre, du mardi 21 mai au samedi 27 juillet 2013. Vernissage à partir de 18 h, le mercredi 22 mai, 30 rue du Puits-Neuf, Aix-en-Provence. Galerie ouverte du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30 ou sur rendez-vous, tél 04.42.96.23.67. D'autres renseignements sur ce lien.


Edmond Quinche, La Dogana

Mon Compte

Mot de passe oublié ? / Identifiant oublié ?