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Couverture du catalogue de l'exposition "L'Atelier gris" de Vincent Bioulès, Aix en Provence, 2006.

1. Ton dernier semestre, depuis l'automne jusqu'à ce printemps 2006, est riche en travaux et expériences multiples. À côté de la commande de la Ville d'Aix-en-Provence qui concerne ce grand tableau de l'Atelier de Cézanne, tu mènes de front la préparation et la réalisation de deux expositions : jusqu'à la fin avril, il y a dans le quartier du Marais, ton exposition de la galerie Vidal Saint-Phalle qui s'intitule « D'Orcival à Aiguës-Mortes » et qui comporte quatre grands formats. Et puis, il y a depuis l'été dernier, ta résidence d'artiste commanditée par le musée de Céret, un travail qui fait référence aux montagnes et aux paysages, aux immenses arches des trois ponts, aux bâtiments et aux platanes de la place de cette ville.

Certains des formats de cette future exposition dépassent trois mètres de hauteur, tu es quelquefois obligé d'utiliser des échafaudages pour te hisser jusqu'à la cime de tes compositions. Tu me racontais qu'il t'arrive de ramper près du sol pour achever d'exécuter les parties basses de ces immenses formats... Concrètement, ces projets et ces difficultés impliquent une extrême discipline de travail, beaucoup de tensions et d'inventions, des approches simultanées, une mobilisation affective et intellectuelle. Comment se déroule ta vie quotidienne ?

Je me souviens avoir dit que j'avais choisi de faire de la peinture « pour qu'on me foute la paix »...  En disant cela, je pensais aux terribles soucis de mon père organisant des concerts dans des conditions complètement artisanales, sans subvention, sans aide, si ce n'est celle de sa famille et de ses amis...  Je l'avais beaucoup aidé et je ne voulais pas vivre pour mon propre compte de semblables tensions ; eh bien, c'est ce qui m'est arrivé. Je suis bien sûr aidé par le musée de Céret, mon marchand parisien, la Ville d'Aix-en-Provence, mais je me retrouve seul à l'atelier, face à mes tableaux encore inachevés et avec la nécessité de les terminer dans un délai précis. Et là, personne ne peut m'aider. Il faut que je reste en bonne santé, « en forme » comme on dit. Pas question d'avoir la grippe ou de me casser le bras. Je dois travailler exactement comme un sportif. Bien me nourrir, boire peu de vin mais beaucoup d'eau et surtout bien dormir. Il me faut donc contrôler absolument mon imagination, ne pas m'abandonner au doute, à l'angoisse de ne pouvoir terminer...


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Vincent Bioulès dans son atelier, peignant un des  paysages de la série  Marseille (mars 1994).

II me faut donc être présent. Présent avec chacun de mes tableaux, de mes dessins comme on est présent avec celui qui vous parle et que l'on écoute. Je sais par expérience que les tableaux s'éclairent entre eux, que des correspondances imprévisibles s'établissent entre ce qui paraissait totalement contradictoire... Mais il ne faut pas céder à la tentation de papillonner... Cela demande un très grand effort de concentration. L'essentiel est d'être attentif. C'est facile à dire, pas forcément à vivre. Etre attentif à ce qui surgit sur le tableau, et qui est la conséquence même du travail, donc quelque chose de totalement nouveau et d'imprévisible et qu'il faut ensuite accompagner par contre avec ce que l'on sait. Faire en sorte donc que le métier soit ce qui nous permette d'accueillir l'inconnu et de lui donner une forme stable, cohérente et lisible.

2. Au cœur de cet emploi du temps infiniment chargé, tu sais garder une très belle place pour ta passion native envers la musique qui était le centre de la vie de ton père. Je crois que tu continues de t'astreindre matinalement à la pratique du violon. Quarante neuf ou cinquante fois par an, tu ne manques pas de convier et de coordonner dans ta maison, de merveilleuses réunions privées, en compagnie de ta femme Posa qui joue de la flûte, avec tes enfants musiciens quand ils sont disponibles, avec des membres de ta famille et de proches amis. Presque chaque dimanche, tous ensemble, vous parvenez à réunir une petite formation musicale, six ou huit interprètes "amateurs" capables de jouer ensemble Bach, Mozart ou bien Haendel. Veux-tu nous parler des réconforts et de la joie que procurent ces matinées et ces rendez-vous hebdomadaires qui te sont infiniment chers ?

Oui, il faut savoir aussi se distraire, ne pas se refermer narcissiquement sur soi-même et le partage est la meilleure façon d'y parvenir. La musique est l'art du partage. Et la musique faite en amateur avec application, avec ferveur, mais sans prétention - nous nous refusons absolument à jouer en public - est un merveilleux moyen de détente. La découverte active d'une œuvre nous dépouille de nous même et cet oubli, cette perte de soi est une expérience spirituelle irremplaçable. Je me souviens avoir été « guéri » d'une angoisse très profonde consécutive à l'agonie d'un être cher, en jouant, en « partageant » avec des amis la lecture du grand ricercare de l'Offrande musicale de Bach. Cette musique m'avait accueilli comme un homme blessé et abandonné pour me donner ses forces en échange de l'attention qu'elle exigeait de nous.

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Jean-Pierre Blanche, Portrait de Vincent Bioulès (1952), mine de plomb sur papier, 23,5 x 31 cm, collection de l'artiste.

3. Il y a chez toi un vrai sens de l'amitié. Aix-en-Provence, qui t'a commandité ce tableau, m'incite à t'interroger à propos de l'un de tes meilleurs amis peintres et dessinateurs que tu vois souvent et qui vit tout près d'Aix depuis plus de trente ans, Jean-Pierre Blanche. Il est de ceux grâce à qui tu effectuas quelques-uns de tes tout premiers apprentissages. Vous n'avez jamais cessé d'échanger vos points de vue, vous vous entraidez, vous avez passionnément regardé, étudié et affectionné vos œuvres respectives. Récemment, Jean-Pierre Blanche me racontait qu'il n'avait pratiquement jamais manqué d'assister aux vernissages de tes expositions ; ce jeudi 9 mars, il était bien entendu présent lors de l'ouverture chez Vidal Saint-Phalle de ton exposition. Veux-tu, je te prie, évoquer quelques-unes des très grandes faveurs de cette amitié ?


J'ai connu Blanche dans les années cinquante. J'avais douze ou treize ans. Il venait voir mes parents. Il dessinait avec une aisance confondante et avait fait le portrait de chacun de nous à la mine de plomb... Et je l'ai retrouvé à Aix en 1966, date à laquelle je fus nommé professeur à l'École des Beaux-Arts. Il m'accueillait rue Adanson chaque mardi. Il me montrait sa peinture. Nous discutions à perte de vue.

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Vincent Bioulès et Jean-Pierre Blanche lors d'une exposition en 2001 à l'École supérieure d'Arts de Lorient, devant les tableaux des paysages de Marseille.

J'étais alors en « analyse », donc particulièrement pénible, en voulant, sans m'en rendre compte moi-même, faire payer aux autres l'épreuve que je traversais moi-même... Jean-Pierre m'est demeuré ouvert et fidèle et notre amitié déjà si vive n'a fait que s'approfondir. Je ne connais personne de plus généreux, de plus désintéressé que Jean-Pierre. Il est un véritable serviteur de son art, sans la moindre compromission. Son œil exceptionnel nettoie avec un à propos confondant la peinture de ses commensaux. C'est pour cette raison que je l'appelle le « Docteur Admirabilis ». Et il m'a tiré de nombreux faux pas avec autant de compétence que d'exigence. Ses derniers travaux très synthétiques et tendus sont le témoin d'une fusion exemplaire du dessin et de la peinture.


4. Dans un raccourci assez significatif, Philippe Dagen écrivait dans Le Monde, en juin 1995, que tu étais passé de « Matisse à la nature ». Ce qui peut vouloir dire qu'après avoir orchestré une peinture extrêmement riche en citations et réminiscences issues de ta grande connaissance de l'histoire de l'art, après avoir beaucoup reconnu l'ampleur de tes dettes et de tes amours, après avoir fortement songé aux exemples des Fauves, à Jean Hugo, Dufy, Chabaud, Hodler, Freud ou Beckmann, tu serais, vis-à-vis de la nature, passé encore plus directement dans le champ de l'émotion et de la contemplation. Les paysages que tu composes, même quand ils sont presque bibliques voire religieux, même s'ils peuvent faire songer aux peintres chinois, à Nicolas Poussin ou bien à Patinir, sont à présent axés sur quelque chose qui demande vigilance et exactitude, sur ton travail sur le motif ainsi que sur ce qu'il y a de plus intime chez toi, sur ta propre vision du monde. Après avoir pratiqué une peinture que je trouvais quelquefois tendue, contenue, voire malicieuse, il me semble que tu accèdes dans tes grandes compositions à un sentiment plénier, qui ne relève pas de la distance et de l'ironie. Tu parviens à faire parler totalement ta sensualité, ton bonheur, ta culture, tes inquiétudes, ton humour et ton émerveillement en face de la nature. Tu relâches certains réflexes d'auto surveillance, tu réinventes ton métier, tu donnes prise à quelque chose d'encore plus allègre, d'encore plus emporté, tu participes à des bonheurs d'expression qui relèvent d'un profond lyrisme. Comment expliquerais-tu cette évolution ? Est-ce le bénéfice de l'âge et de l'expérience ? S'agit-il, et plus que jamais, d'une encore plus grande liberté intérieure, du souci opiniâtre que tu as de vivre et de peindre à contre-courant, d'une manière totalement indépendante, sans avoir souci des pressions et des obligations de l'époque ?

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Vincent Bioulès, Coin d'atelier (étude pour L'Atelier gris) 2005. Mine de plomb et gouache sur papier 15,5 x 20 cm. Collection de l'artiste.

Voilà des questions vraiment difficiles. Je sais que ma peinture a pu longtemps paraître volontariste et même « crispée », le mot est de Claude Viallat. Non pour me défendre, mais expliquer ce qui a pu se passer en moi-même en tâchant de donner à mon travail une sorte de maîtrise qui pouvait passer pour de l'autodéfense. Il me faut bien avouer que très violemment attaqué à partir de ma rupture avec le mouvement Supports-Surfaces, j'ai du en quelque sorte protéger tactiquement mon travail... Je savais que je devais « figurer », que c'était désormais mon but, ma mission... Et j'ai pris appui et souvent au second degré sur toute l'histoire de la peinture que j'ai considérée comme un immense paysage... La récompense de ce long travail, de cet effort est le sentiment aujourd'hui de n'avoir plus rien à prouver ; et justement parce que j'ai construit le socle sur lequel aujourd'hui je puis vivre ma liberté de peintre. À partir d'un certain âge, les peintres se répètent pour avoir mis au point un processus de fabrication... Devenus ressemblants, ils tiennent à le rester... Ou bien alors rien ne compte pour eux que l'aventure et l'expérience active d'une liberté chaque jour à découvrir en eux-mêmes... C'est pour avoir dans l'expérience de la peinture sur le « motif » découvert les extraordinaires possibilités de fantaisie dont nous disposons (je donne ici au mot fantaisie le sens qui est le sien en allemand, c'est-à-dire d'imagination...) que j'ai pu, ou tout au moins que je tente d'étendre cette expérience confondante à de vastes tableaux réalisés dans l'atelier. Et je voudrais pouvoir continuer longtemps à travailler ainsi...

5. Dans certains grands nocturnes réalisés pour Céret, dans tes souvenirs des étés que tu passais dans le village de Laubert, en Margeride, il m'a semblé percevoir des bleus profonds, un vaste silence, quelque chose de crépusculaire, voire de mélancolique. Ta peinture témoigne magnifiquement qu'aujourd'hui, ici et maintenant, il est possible de pratiquer ce grand genre que certains observateurs trouvent désuet voire révolu, la peinture de paysage. En même temps, est-ce qu'il ne s'agirait pas pour toi de témoigner d'une manière ultime, en face d'un monde qui est en train de disparaître ou bien de se déliter ?

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Vincent Bioulès Hiver - Midi 1977. Huile sur toile 230 x 330 cm.

« Un quart d'heure avant sa mort, Monsieur de La Palisse était encore en vie » ou mieux « faisait encore envie »... Je ne suis pas encore mort et la nostalgie que je porte en moi d'un espace, d'une nature menacée, féconde mon travail d'aujourd'hui comme une sorte de cri ; un cri de jouissance, parfois de colère ou de désespoir... Mais je crois aussi que cette nature remise en question dans son propre statut d'univers poétique, de référence existentielle, nous survivra longtemps... Être fidèle à ce que nous aimons est la seule chose qui nous rende crédible. Je comprends parfaitement que des êtres plus jeunes (je pense à mon propre fils) s'appliquent à montrer le monde « autrement »... tel qu'il est peut-être en vérité. Mais l'histoire de l'art est faite de toutes ces contradictions internes. Le dernier lied de Richard Strauss Das Abendrot est quasi le contemporain de la Première Sonate de Pierre Boulez. Et nous avons besoin des deux.

6. As-tu, pour ton compte personnel, le sentiment de faire partie profondément de ce qu'on appelle, depuis le Maître de Moulins, en passant par Poussin, Chardin, Fragonard, Courbet et Derain, « la peinture française » ? Dans cet espace hexagonal, la composante méditerranéenne est-elle à tes yeux quelque chose de fondamental ?

Je pense pouvoir dire : de moins en moins... Et pourtant j'aime de plus en plus Poussin, Courbet et Cézanne... Mais je ne les ressens plus comme une famille, une filiation mais sous une forme beaucoup plus éclatée... J'aime des peintres comme Hercule Seghers ou Gaspar David Friedrich, des artistes comme Hopper ou Lucian Freud... des paysagistes comme Hodler... Peu à peu on reconstruit une famille intérieure qui obéit à la logique de l'Inconscient. Mais, ceci étant précisé, je puis aussi dire que je suis un peintre du sud. J'aime le Languedoc où la mer se mêle à la plaine, à la montagne, à Marseille aux éléments primordiaux : l'air, la pierre, la lumière, et je compose à Céret de grands paysages solennels qui semblent émerger sans une ride de l'histoire. Il suffit de s'élever dans la chaîne des Albères pour en contempler le miracle...

7. Tu enseignais autrefois dans les écoles d'art d'Aix-en-Provence, de Nîmes, de Montpellier, avant de professer aux Beaux-Arts de Paris. En tant que galeristes, Daniel Templon et Bernard Vidal ont défendu ton œuvre depuis la capitale. Simultanément, tu n'as pas cessé de bénéficier de médiations et de relais conséquents, en Languedoc ou bien en Provence. Le privé et le public, les galeries Hélène Trintignan à Montpellier et Jean-Pierre Alis/Athanor depuis Marseille, les Frac, le musée de Toulon et Jean-Roger Soubiran, le musée Fabre et son conservateur Michel Hilaire qui est l'un de tes proches, le musée de Céret et Joséphine Matamoros, la Fondation Regards de Provence et Pierre Dumon, Robert Bonnacorsi et la Villa Tamaris de La Seyne-sur-mer, la galerie de la ville d'Aigues-Mortes ainsi que tes amis aixois, Bruno Ely, Christel Roy, Laurent Pradalié et Michel Fraisset t'ont procuré au fil des ans des possibilités d'exposition. Quelle analyse ferais-tu à propos de la « décentralisation artistique » comme tu as pu la vivre ?

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Vincent Bioulès. Le Poêle (étude pour L'Atelier gris) 2005. Mine de plomb et pastel sur papier 24 x 32 cm .

Depuis les années 65, je n'ai jamais cessé de travailler. Il est alors tout à fait normal et par voie de conséquence que de multiples liens s'établissent entre un peintre, des marchands, des institutions. J'ose croire que la conviction avec laquelle j'ai mené mon travail a œuvré dans ce sens. Je finis par penser que ce que l'on appelle ma « singularité », en avouant ainsi que l'on ne sait trop quelle case m'attribuer, est la conséquence directe du plaisir que je n'ai jamais cessé de demander à la peinture. Je suis persuadé que seuls le plaisir et l'émotion sont la voie royale qui conduit à la compréhension et à la connaissance. Quant à la « décentralisation artistique » à laquelle tu fais allusion, je pense qu'elle est une caractéristique fondamentale ce de qui se passe depuis les années 68 dans le sud où tant de mouvements à la fois divers et proches sont nés comme spontanément : l'École de Nice, l'aventure de l'École des Beaux-Arts de Marseille, la Galerie Athanor qui fut un « centre d'art », le groupe ABC, enfin Supports-Surfaces... Et peut-être sans Impact I à Céret en 1966, le musée ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui... L'histoire des artistes et des conservateurs, des marchands, les directeurs des centres d'art est totalement emmêlée. C'est dire que nous sommes toujours en vie.

8. Veux-tu nous raconter comment tu as travaillé pour ton grand format de l'Atelier Cézanne ? Tu n'as pas choisi de représenter la grande verrière et les feuillages extérieurs, on n'aperçoit pas certains objets, le grand escabeau, les crânes des Vanités, tu as choisi une vue latérale de cet atelier.

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Vue de l'Atelier Cézanne, mur est (état actuel).

Au centre de la toile, figure le paravent pour lequel tu donnes davantage libre cours à ta « fantaisie ». Cette aventure fait écho à d'autres tableaux d'atelier, celui de Bazille ou bien celui de Courbet. Inévitablement, on songe aussi à l'Intérieur aux Aubergines de Matisse...

Quand on entre dans l'atelier du chemin des Lauves on est tout de suite happé par la grande verrière et les frondaisons qui aujourd'hui l'occupent toute entière ... En 1906, le terrain ne comptait sûrement que quelques rares oliviers... Il y avait une solution : peindre la verrière, quelques éléments de l'atelier puis « un faux Cézanne » au-delà du vitrage... Ou bien encore se tourner vers la partie de l'atelier qui a retenu chaque photographe y mettant les pieds, la longue étagère avec le crucifix, la commode avec les pommes et le moulage de Puget. J'ai fait beaucoup de croquis, de mini aquarelles ... Je n'étais ni satisfait ni surtout convaincu par ce que je réalisais... C'est en me tournant vers le poêle, le paravent et les objets déposés sur le grand socle de bois posé à même le plancher que j'ai retrouvé cette qualité de silence, cette absence poignante que j'avais ressentie lors de ma première visite de l'atelier en 1966. C'est bien cela qu'il me fallait peindre. Et la porte était entrouverte sur la lumière, comme sur un départ mystérieux, ou bien un retour lié à une promesse spirituelle et prophétique... C'était bien L'atelier gris, en hommage aussi à L'Atelier rouge de Matisse, à la grande nature morte aux aubergines du musée de Grenoble où un paravent tient un si grand rôle... Voilà. Et je me suis mis au travail en pensant à tout ça.

On trouvera sur ce lien un second entretien avec Vincent Bioulès, réalisé en 2003. 

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