Choses lues, choses vues
mars 09, 2018

In Memoriam Jean-Luc Sarré 1944 - 2018, entretien radio avec Liliane Giraudon, Christian Tarting et Fréderic Valabrègue

  Ecouter sur ce lien, un entretien réalisé avec Marc Voiry pour Radio-Zibeline, le mardi 6 mars 2018. Photographie de Chris Paire, Jean-Luc Sarré, octobre 2010, vernissage exposition Claude Garache, Galerie Alain Paire, 30 rue du Puits-Neuf, Aix-en-Provence. Jean-Luc Sarré était né à Oran en 1944. Il vivait à Marseille depuis 1968. Il participa aux premiers numéros de la revue Sud de Jean Malrieu et publia…
février 21, 2018

Trois entretiens radio avec Jean-Christophe Bailly

Sur ce lien de la Web-Radio Zibeline, on trouvera un entretien de trente minutes avec Jean-Christophe Bailly, réalisé avec Marc Voiry le 10 février 2018. Il est question des photographes Marc Barbon et Thibaud Cuisset, d’un possible Recommencement du poème, de la politique aujourd’hui ainsi que d’un livre qui paraîtra au Seuil pendant l’automne 2018,  Wales x 4 où il…
novembre 14, 2017

Une lettre inédite de Joachim Gasquet sur Cézanne

Paul Cézanne : Portrait de Joachim Gasquet. Le lundi 30 octobre dernier, une lettre inédite de Joachim Gasquet faisait partie de la vente aux enchères des archives Élie Faure à Paris, à l'hôtel Ambassador (vente organisée par la maison ALDE). Cette lettre est particulièrement intéressante parce qu’elle constitue un document nouveau sur Cézanne, et qui date du 18 août 1910, soit moins…
Paul Cézanne
avril 15, 2015

Achille Emperaire, 1829-1898

in Paul Cézanne

by Paire alain

Un fusain d'Emperaire qu'on pourrait rapprocher de Maillol, format 23 x 29 cm, collection particulière (photo Xavier de Jauréguiberry). Achille Emperaire, vie minuscule. De dix années plus âgé que Cézanne, Jean Joseph Achille Emperaire était né à Aix-en-Provence, le 16 septembre 1829. Ses parents habitaient le n°49 de la rue d'Italie ; ce fut le lieu de sa naissance. Sa mère avait pour nom de jeune fille Françoise Emilie Elisabeth Aubert. Françoise Aubert naquit à Marseille le 28 avril 1796, elle mourra à l'âge de 44 ans. Elle appartenait à une famille de négociants marseillais ; on peut supposer qu'elle était…
février 26, 2015

Août 1961 : huit toiles de Cézanne volées au Pavillon de Vendôme d'Aix-en-Provence !

in Paul Cézanne

by Paire alain

Cézanne, Pyramide de crânes, huile sur toile, 39 x 46 cm (collection Feichenfeldt, Zurich). Peu de gens en ont conscience ou bien souvenir, presque personne n'en parle ... Les Aixois et les amateurs d'art ont préféré refouler des événements qui ne sont pas glorieux : l'été de 1961 fut pour l'oeuvre de Cézanne et pour le destin des musées d'Aix-en-Provence une saison dévastatrice ! En ce temps-là, Henry Mouret était maire d'Aix-en-Provence depuis 1945. Son conseiller municipal chargé de la culture, l'avocat Jacques Raffaelli voulait faire du Pavillon de Vendôme un pôle d'attraction majeur pour les touristes et le public…
février 08, 2015

Au Metropolitan Museum de New York, Hortense Fiquet, le modèle préféré de Cézanne

in Paul Cézanne

by Paire alain

  Madame Cézanne aux hortensias, 1885, crayon et aquarelle, 30,5 x 46 cm, collection privée. Paul Cézanne rencontra Hortense Fiquet à Paris, au début de l'année 1869. La jeune femme travaillait en tant que brocheuse dans un atelier de reliure. Elle était née dix-neuf ans plus tôt à Saligney, un village proche de Besançon. D'origine modeste, ses parents s'étaient établis à Paris en 1854 ; sa mère était décédée depuis 1867. Après la déclaration de guerre de juillet 1870, Hortense rejoignit Cézanne en septembre dans la maisonnette qu'il avait louée à l'Estaque, pour se cacher et ne pas devoir s'engager…
Jean Planque
janvier 25, 2010

La Fondation Jean Planque rejoint le musée Granet

in Jean Planque

by Paire alain

A deux reprises, en l'espace de dix ans, le musée Granet aura bénéficié de deux donations exceptionnelles qui l'ont hissé parmi les musées de province les mieux dotés pour ce qui concerne les années cinquante et soixante du vingtième siècle. En l'an 2000, un premier bienfaiteur qui préféra longtemps conserver l'anonymat, un enseignant et chercheur scientifique de haut niveau, par…
avril 07, 2013

Entretien avec Florian Rodari : Jean Planque et "Surgis de l'ombre"

in Jean Planque

by Paire alain

Alain Paire : Grâce au soutien de la Communauté du Pays d'Aix, en accord avec la Ville d'Aix-en-Provence et Bruno Ely, le directeur du musée Granet, mardi 21 mai 2013, tu auras la joie d'inaugurer dans la chapelle des Pénitents Blancs, les espaces permanents qui permettront de déployer l'essentiel de la collection Jean Planque. Un travail colossal s'accomplit, un calendrier…
mai 06, 2013

Florian Rodari : la Revue de Belles-Lettres, les éditions de La Dogana et la Fondation Jean Planque

in Jean Planque

by Paire alain

"Sur la pointe du Grand Canal de Venise, La Dogana". On trouvera sur ce lien, une actualisation de cet article. Entretien avec Florian Rodari, 15 novembre 2014 Son père, André Rodari était journaliste à la Tribune de Genève, il s'occupa longtemps de rubriques sportives et de chroniques judiciaires. Né en 1949, Florian partage son temps entre la Suisse et Paris. Son frère…
1994-2013, les expositions de la galerie
juin 21, 2015

Philippe Jaccottet / Alberto Giacometti

Montagne à Maloja, lithographie de Giacometti, 1957 Giorgio Morandi ou bien Anne-Marie Jaccottet, dans une moindre mesure Gérard de Palézieux, sont sans doute les artistes sur lesquels Philippe Jaccottet a…
juin 15, 2015

Dessins de Kamel Khélif

Exposition " Dessins de Kamel Khélif". Jusqu'au samedi 25 avril, ouvert du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30. Exposition programmée dans le cadre de la…
juin 14, 2015

Michel Houssin, foules en fugue, visages et paysages

Arles, dans l'atelier de Michel Houssin, dessin de la série "Passants", format 50 x 150 cm (photographies de Chris Chappey). Pour appréhender l'oeuvre graphique de Michel Houssin, on découvrira la…
mai 17, 2015

Jean-Claude Hesselbarth, 1925-2015, un peintre proche ami de Jaccottet

Jean-Claude Hesselbarth a quitté son épouse Liliane et ses amis le mercredi 13 mai 2015, il était âgé de 90 ans. Avec l'aide de Nicolas Raboud qui s'était chargé du…

Dans ces échanges, si l’on met à part de brèves évocations de la formation et des voyages de l’artiste ainsi que le récit d’une expérience cinématographique en compagnie de Kirk Douglas et Vicente Minnelli, on rencontrera très peu de renseignements susceptibles d’étoffer une éventuelle biographie. Les amis du peintre, ses rencontres avec Yves Bonnefoy, Jean Starobinski, Jacques Dupin et Philippe Jaccottet, le soutien et puis ensuite le retrait partiel des galeries Maeght et Lelong ne sont pas évoqués. Presque rien n’est proféré à propos des collectionneurs privés ou bien des institutions publiques. Parce qu’elle avait autrefois écrit que la peinture de Garache pourrait relever d’un art "post-abstrait", Dora Vallier est le seul nom de critique d’art mentionné au fil des pages. Ce qui se transmet dans ce livre vise exclusivement les données d’une opiniâtre recherche, la solitude de l’atelier.

"Sans emprunt à quiconque"

De ce point de vue l’apport de ces pages est considérable, quelques-unes des interrogations que cette œuvre peut provoquer sont clairement élucidées. Garache explique comment ses apprentissages de sculpteur l’ont irrésistiblement entraîné vers la peinture. Il raconte sans fable ni mythe comment ses choix l’ont porté vers le rouge et les modèles féminins. Alors que les courants dominants de son époque confluaient vers l’abstraction, Garache professait une immense admiration pour l’œuvre d’Henri Matisse (p. 70). Ce qu'il en dit pourrait  ressembler à un autoportrait involontaire :  "Toujours sans présupposé esthétique, très libre dans ses moyens, sans emprunt à quiconque, ce qui est rare dans cette longue période où le foyer parisien était d’une richesse et d’une diversité illimitées, qui permettaient tous les pillages et les croisements "... " Matisse n’a jamais quitté la nature du regard, cherchant toujours une forme nouvelle pour traduire sa sensation".

Lorsque Garache travaille dans son atelier, "aucune distraction n’est possible" ... "j’avais besoin d’une réponse impérative du réel" ... "sous mes yeux, tout disparaît, hormis cette personne qui est là". Beaucoup de science et de patience lui permettent de trouver en compagnie du modèle la pose et l’angle d’attaque qui conviennent : "je parle au présent de sujets permanents"...  " je ne veux pas de faux gestes par exemple. Je veux qu’il y ait une pesanteur, une suggestion de mouvement " ... " Il y a beaucoup de superpositions d’une séance à l’autre, quelquefois une infinité de séances" ... "il ne faut reprendre une oeuvre que s’il y a une piste qui s’ouvre"... " je me déplace énormément pendant la séance"... "il y a un mouvement continuel que je dois suivre"...

Ses interlocuteurs gardent avec lui la bonne distance qui favorise l’art de la maïeutique : Garache s’accorde avec Alain Madeleine-Perdrillat lorsqu'il indique que dans ses toiles, la lumière "vient de l’intérieur des figures plutôt que d’ailleurs" (p. 27). Il souscrit aux observations de Florian Rodari qui estime (p. 31) que sa peinture "déborde ce qu’elle montre pour rejoindre quelque chose qui suggère l’ampleur du paysage". Il donne son assentiment (p. 35) quand Marie du Bouchet souligne que dans ses œuvres "il y a, en même temps, un corps qui peut se dissoudre dans la couleur, et une véritable présence, tout à fait évidente avant même que l’on ait saisi la forme du modèle".

Claude_Garache_nimes

Mai 2010, l'exposition Claude Garache de l'Ecole d'art de Nîmes.

Toutes les déclarations de Garache consignées dans ce livre induisent que son travail et ses choix n’auront jamais de cesse : "le nu est le sujet le plus conséquent à aborder "... " il faut que ce lieu soit totalement consacré à cet engagement, qu’il ne s’y passe rien d’autre " ... "Au fond je n’ai pas besoin d’aller dans le paysage, je n’ai pas besoin de sortir de l’atelier, parce que j’ai ici toute la nature sous les yeux " ...  "Avec cela que puis-je espérer de plus ? ".

Parmi les artistes  francophones d’aujourd’hui, ils sont relativement rares ceux qui sont capables d’évoquer avec clarté et précision les enjeux de leur travail. Vincent Bioulès, Christian Boltanski, Eduardo Arroyo ou Gérard Traquandi sont quelques-unes des exceptions qui confirment cette règle. S’il faut trouver une rubrique pour ce livre consacré à Garache, je le rangerai parmi les meilleures archives orales de l’art contemporain.

Alain Paire

"Entretiens avec Claude Garache", avec Marie du Bouchet, Florian Rodari et Alain Madeleine-Perdrillat, 48 reproductions en couleur, collection Beaux-Arts, éditions Hazan, 28 euros. Ce recueil complète l'ouvrage collectif paru en 2006 sous l’enseigne de La Dogana où l’on trouve entre autres, des textes de Raoul Ubac, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Jacques Dupin, Jean Starobinski, Michael Edwards, Nicolas Pesquès, John E. Jackson, Emmanuel Laugier, Roger Munier, Alain Madeleine-Perdrillat, Florian Rodari, Pierre-Alain Tâche et François Trémolières.

Une version plus longue de cet article est parue le 17 juin 2010 sur le site Poezibao de Florence Trocmé. Une exposition d’une quarantaine de toiles de Claude Garache s’est déroulée à l’Ecole d’Art de Nîmes du 30 avril au 24 mai 2010, à l’initiative de Dominique Gutherz.

A compter du lundi 11 octobre 2010, 30 rue du Puits Neuf à Aix-en-Provence, exposition de gravures ainsi qu’un poème de Florian Rodari, A voix nues, 80 exemplaires avec deux eaux-fortes et un bois gravé de Claude Garache, éditions de la revue Conférence.   

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